Une centaine de jeunes réunis en Australie pour inventer l’agriculture de demain

Comment nourrir la planète, alors que la population mondiale ne cesse de grandir et que nos habitudes alimentaires ne vont pas toujours dans le sens de la soutenabilité? C’est pour répondre à cette question qu’étaient réunis pendant une semaine une centaine de jeunes venus des quatre coins du globe.

La déclaration issue de leurs réflexions sera présentée à Rome en octobre, lors de la conférence mondiale sur la sécurité alimentaire organisée par les Nations Unies

Comment nourrir la planète, alors que la population mondiale ne cesse de grandir et que nos habitudes alimentaires ne vont pas toujours dans le sens de la soutenabilité? C’est pour répondre à cette question qu’étaient réunis pendant une semaine une centaine de jeunes venus des quatre coins du globe.

Plus de 2000 étudiants et jeunes actifs âgés de 18 à 25 ans s’étaient portés candidats pour participer à cette deuxième édition du Youth Ag Summit, co-organisé par Bayer et Future Farmer Network, réseau d’entraide de jeunes agriculteurs australiens. C’est l’écriture d’un court essai percutant sur le thème du sommet, «nourrir la planète et sa population grandissante», qui a valu aux 100 délégués venus de 33 pays différents leur ticket pour Canberra.

Des intervenants inspirants

Bernd Naaf, membre du conseil d’administration de Bayer CropScience, a inauguré le sommet dimanche soir et expliqué son but: «Nous voulons rassembler les jeunes leaders pour leur permettre d’échanger leurs idées, leur expertise mais aussi leur passion pour la résolution du défi qui nous attend pour nourrir la planète».

Du 24 au 28 août, conférences, visites de terrain et sessions de travail se sont succédées sans relâche pour ces jeunes délégués, qui ont notamment reçu la visite de Julie Borlaug, petite fille du prix Nobel de la paix Norman Borlaug, considéré comme le «père de la révolution verte». Une conférence particulièrement appréciée des jeunes pour son côté à la fois «concret et inspirant», comme le confie l’un des représentants australiens. Todd Sampson, créateur de la fameuse initiative «Earth Hour», consistant à éteindre la lumière l’espace d’une heure pour témoigner son engagement pour la planète, l’une des plus grandes mobilisation en faveur de l’environnement de l’histoire, est lui aussi venu témoigner auprès des jeunes, de même que de nombreux autres intervenants aux parcours divers. Menées avec un enthousiasme débordant et pleines d’optimisme, toutes ces conférences avaient pour but de nourrir le débat durant les sessions de travail en groupes réduits organisées chaque jour.

Quinze grands thèmes, allant du rôle de l’éducation au commerce équitable en passant par les politiques de régulations étaient au menu des discussions, avec un objectif concret: s’entendre sur les cinq thèmes les plus importants pour aboutir à une agriculture durable et proposer des solutions dans ces domaines, devant être retranscrites dans une déclaration à l’intention des Nations Unies.

«Etre confrontée aux délégués de différents pays, aux niveaux de développement très variables, est vraiment extrêmement enrichissant» atteste Rastgul, venue de Thaïlande. «Nous faisons tous des études différentes, nous vivons des situations différentes… Même si nous avons parfois tous «raison» de notre point de vue, c’est vraiment intéressant de voir que nos situations ne sont pas toujours comparables, et qu’il nous faut vraiment penser global pour relever ce défi d’une agriculture durable», poursuit elle.

De petits engagements individuels pour un grand changement collectif

Bénédicte, Guillaume, Mitra et Pauline, les quatre représentants français, repartent eux aussi enthousiastes. «C’était vraiment une expérience en or», s’accordent ils. «Je reviendrais bien pour le prochain sommet!», lance Mitra. «Finalement, quatre jours, c’est court mais on réfléchit beaucoup et on tisse des liens assez fort. Je pense que nous resteront en contact», explique Guillaume. Une plateforme dédiée a été créée, devant notamment permettre aux jeunes d’échanger sur l’avancée de leurs «trois petites choses», ces trois actions qu’ils se sont chacun engagés à mener pour contribuer à l’amélioration du système. Des actions diverses, mais le plus souvent en accord avec les thèmes mis en avant dans leur déclaration officielle: l’importance de l’éducation des générations futures et celle d’une meilleure communication au sujet des enjeux agricoles et du circuit de distribution alimentaire.

Laura, Australienne choisie pour présenter aux côtés de Samba, Kenyan, la déclaration officielle auprès des Nations Unis, lors de la conférence internationale sur la sécurité alimentaire qui aura lieu en octobre, a ainsi promis de «mettre en contact les élèves d’une école située en ville avec une ferme pour leur faire connaître ce milieu» ; tandis que Samba, inspiré par le Future Farmer Network australien, prévoit notamment de créer un réseau d’entraide similaire regroupant les agriculteurs kenyans.

Rendez-vous est pris dans deux ans pour un prochain sommet, dont la destination devrait être prochainement annoncée