cyber-harcèlement
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Trisha Prabhu, 17 ans, n’est pas une lycéenne comme les autres à Naperville, dans l’Illinois. C’est une innovatrice high-tech qui, à l’âge de 13 ans, a créé l’appli ReThink, une technologie brevetée destinée à réduire le cyber-harcèlement parmi les adolescents.

L’idée lui en est venue quand elle a entendu parler d’une jeune Floridienne de 12 ans qui s’était suicidée après avoir été harcelée en ligne.

L’appli comporte des algorithmes qui reconnaissent la composition d’un message blessant. ReThink envoie alors une alerte, demandant à l’usager de s’interrompre et de reconsidérer ses actions avant d’afficher quoi que ce soit en ligne.

Le but de l’appli n’est pas d’entraver la libre expression ou d’empêcher les gens d’exprimer leurs opinions ; mais elle contribue à montrer aux adolescents comment protéger leurs camarades – et eux-mêmes, souvent aussi – de comportements impulsifs aux conséquences trop réelles.

La décision d’afficher ou non un message en ligne revient toujours aux usagers de l’appli. Mais d’après certaines études, l’appli réussit dans plus de 93 % des cas à persuader ses usagers de ne pas afficher un billet blessant pour les autres.

Lancée en 2015, l’appli ReThink a été présentée à des élèves à travers les États-Unis dans le cadre de la lutte contre le cyber-harcèlement.

Trisha fait des études à dominante scientifique et technique, un atout dans le concept et le développement de ReThink.

Il est important d’avoir recours à la technologie pour encourager les adolescents à adopter un comportement en ligne plus judicieux, explique-t-elle. « Les cicatrices du cyber-harcèlement peuvent subsister toute une vie : dépression, manque d’estime de soi, décrochage scolaire et taux d’alcoolisme et de toxicomanie supérieurs à la moyenne. »

Illustration d’un téléphone portable et d’un cerveau (© Trisha Prabhu)
(© Trisha Prabhu)

On estime qu’environ 52 % des adolescents américains ont été victimes de cyber-harcèlement ; toutefois, ils ne sont pas les seuls à en subir les conséquences. Les adolescents qui harcèlent les autres en ligne risquent un jour de voir les universités leur fermer la porte au nez, et des emplois leur échapper.

De plus en plus de responsables des admissions universitaires et d’employeurs consultent le profil en ligne de leurs candidats. Des commentaires mal avisés, affichés sans réfléchir, pourraient être une source d’embarras et de regrets à longueur de vie.

« S’il vous plaît, prenez le temps de réfléchir au sens de chaque mot que vous mettez en ligne, conseille Trisha Prabhu à ses camarades. Il vous représente et représente votre identité numérique – et il ne disparaît jamais. »

D’après Trisha, la méthode ReThink pourrait s’élargir à l’échelle mondiale.

« Début 2018, on va lancer ReThink en espagnol et en hindi », se réjouit-elle. Et elle espère pouvoir offrir son appli dans d’autres langues encore, y compris en mandarin et en russe.

L’appli ReThink a transformé la vie de Trisha Prabhu. La jeune fille a monté une entreprise, donné des conférences TED et pitché son concept ReThink à la télé. Pendant le programme, des investisseurs lui ont proposé un financement en échange d’une participation à sa société à hauteur de 20 %.

En marge de ses études, Trisha vante les mérites de l’enseignement des matières STEM (sciences, technologie, ingénierie et math) aux filles et elle apprend aux filles à coder. « Apprendre à des filles, de 8 à 18 ans, non seulement à coder mais aussi à surmonter leur appréhension de la technologie, a été l’une des expériences les plus édifiantes de ma vie », confie-t-elle.