Stromae, prof de français en Angleterre

Qui dit étude dit travail (…) Alors on danse!», Stromae fait fureur dans les écoles anglaises. Alors que la mode est à l’apprentissage de langues exotiques, russe et chinois en tête, quelques étudiants étrangers restent attirés par la langue de Molière.

Pour séduire ses élèves et réveiller le plaisir de travailler la langue de Molière, Helen Myers, professeur de français en Angleterre a misé sur le chanteur belge. Pari réussi !

«Qui dit étude dit travail (…) Alors on danse!», Stromae fait fureur dans les écoles anglaises. Alors que la mode est à l’apprentissage de langues exotiques, russe et chinois en tête, quelques étudiants étrangers restent attirés par la langue de Molière. D’autant plus que certains professeurs recourent à des atouts de charme pour alimenter leur plaisir et réveiller l’intérêt des plus sceptiques.

Le site belge 7sur7 ,qui a rencontré Helen Myers, professeure de français dans le comté de Surrey, parle de l’œuvre de Stromae comme un «outil pédagogique de premier choix» et un «véritable choc culturel». Le chanteur belge fait l’unanimité aussi bien du côté du personnel enseignant que des élèves. Toutes les générations sont sensibles à sa musique qui «a quelque chose d’irrésistible, d’entraînant, d’entêtant», confie Helen Myers au site belge, avant d’ajouter que «ses textes brillent par leur clarté et regorgent de sens». Cherchant un artiste susceptible d’intéresser les jeunes, la professeure a découvert Stromae en échangeant avec des collègues surTwitter .Immédiatement séduite, elle a su, à son tour, conquérir ses élèves.

Un «répertoire qui parle aux adolescents»

«Nous sommes portés par la musique», souligne Michelle Bourdier-Foss, enseignante à la retraite. Pourtant, certaines chansons ou certains artistes ont plus d’influence que d’autres. Est-ce uniquement une question de génération? «J’ai eu recours à Gérard Lenorman, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous», confie de son côté Helen Myers. Assimiler la synthaxe et le vocabulaire avec un «répertoire qui parle aux adolescents» est plus aisé, selon cette dernière, qui note que «les rythmes, les mots, les thèmes de prédilection de Stromae interpellent les étudiants».

Lorsqu’elle enseignait, Michelle Bourdier-Foss faisait appel à la poésie de Brassens, Becaud ou encore Montand. «Je regardais ce qui se faisait en France à cette époque, mais les chansons traditionnelles fonctionnaient aussi», révèle-t-elle. Reste que les mœurs semblent aujourd’hui avoir changé. Les pédagogiques «Au clair de la lune» et «Sur le pont d’Avignon» font place à des textes et des sons inscrits dans l’air du temps. Ou comment cumuler l’utile à l’agréable? Le travail et le plaisir? «Formidable» dirait Stromae…