stages

Premiers pas dans le monde professionnel, construction d’un réseau ou encore découverte d’un métier, les stages sont indispensables aux étudiants et aux jeunes diplômés. Et ils peuvent même être payés. Dans quelles conditions et combien ?


En 2017, un tiers des étudiants français a effectué un stage selon le ministère de l’Enseignement supérieur. En France, ces périodes d’apprentissage en entreprise sont très réglementées : signature d’une convention, durée maximale, conditions de recours… La gratification des stagiaires est elle aussi soumise à de nombreuses règles.

Une gratification obligatoire si…

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, près d’un stage sur deux est rémunéré. Depuis 2014, la législation prévoit la gratification obligatoire dès lors que celui-ci dure minimum deux mois, soit l’équivalent de plus de 44 jours ou de plus de 308 heures de présence.

La rémunération est également obligatoire si le stage est fractionné au sein d’une même entreprise : par exemple, si vous effectuez un stage de deux mois dans la même société sur une période plus longue. La gratification est versée mensuellement dès le premier mois de stage.

Au-dessous des deux mois, les entreprises ne sont pas obligées de vous payer, même si elles peuvent le faire à titre facultatif.

En outre, depuis le 1er septembre 2015, les stagiaires ont droit aux tickets restaurant si les autres salariés de l’entreprise en bénéficient. Leurs frais de transport sont remboursés à hauteur de 50 %.

Combien allez-vous gagner ?

En 2018, la gratification d’un stage de plus de deux mois s’élève à 3,75 € par heure. Un stagiaire à temps plein a donc le droit à un minimum de 554 € par mois. La gratification de stage n’est pas un salaire, c’est à dire que vous ne cotisez pas pour la Sécurité sociale.

Le montant versé par la structure d’accueil est fixé soit par la convention de branche professionnelle, soit par elle-même. La somme versée peut donc être supérieure au montant minimum légal. Celle-ci dépend également du lieu de stage. Les secteurs gratifiant le plus leurs stagiaires sont ceux de la finance ou des nouvelles technologies où le montant dépasse souvent les 600 € mensuels.

Et à l’étranger ?

Si en France la législation concernant les stages est stricte, c’est rarement le cas dans les autres pays. En Australie par exemple, il n’y a pas de réglementation pour la rémunération minimum des stagiaires. Ils ont souvent un rôle d’observation dans l’entreprise. Ils ne sont rémunérés que s’ils participent activement et apportent un bénéfice à la structure d’accueil.

Aux États-Unis, les stages ne sont généralement pas gratifiés. Il existe néanmoins un salaire minimum fixé par l’État fédéral pour les stages qui le sont. Celui-ci s’élève à 4,25 dollars de l’heure pour les étudiants de moins de 20 ans et à 7,25 dollars par heure pour les plus de 20 ans. Les États ont ensuite le choix de suivre ce salaire minimum ou pas.

En Angleterre, la législation est différente. Trois statuts existent pour les stagiaires en fonction de leur mission. Si vous n’êtes pas “volontaires” (qui sont plutôt des observateurs), vous pouvez avoir un salaire minimum. Ainsi, les stagiaires de plus de 21 ans sont rémunérés 6,19 livres, ceux ayant entre 18 et 20 ans sont rémunérés 4,19 livres, et ceux au-dessous de 18 ans touchent 2,65 livres.

Quel que soit le lieu de stage, il est important de se rapprocher de l’ambassade du pays en question afin de connaître vos droits et les éventuelles réglementations qui régissent cette pratique.