Souvent réformé, jamais supprimé, le baccalauréat fête 210 ans d’existence

Créé sous Napoléon Ier, le baccalauréat a traversé les époques. Réformé à plusieurs reprises, il reste l’examen validant les acquis des futurs étudiants. Le Figaro revient en chiffres sur l’évolution du bac depuis sa création.

INFOGRAPHIE – Créé sous Napoléon Ier, le baccalauréat a traversé les époques. Réformé à plusieurs reprises, il reste l’examen validant les acquis des futurs étudiants. Le Figaro revient en chiffres sur l’évolution du bac depuis sa création.

Le baccalauréat fête ce samedi ses 210 ans. Depuis plus de deux siècles, il est considéré comme l’examen référence de fin de lycée. Intronisé par un décret signé sous Napoléon 1er le 17 mars 1808, le baccalauréat tient son nom du latin «bacca laurea» qui signifie «la couronne de laurier», qui symbolise la gloire pour celui qui la porte. Lors de sa première session, en juillet 1809, seuls 39 candidats se présentent. L’examen n’est alors pas encore composé d’épreuves écrites. Il s’agit d’un simple entretien oral.

• Augmentation continue des effectifs

Si les statistiques du ministère de l’Éducation nationale ne démarrent qu’en 1960, le nombre de candidats n’a fait qu’augmenter depuis la création du bac. Selon l’Éducation nationale, environ 7000 élèves ont passé l’examen en 1890, 37.000 en 1926 et 237.000 en 1970.

En 2017, 718.890 candidats ont planché sur les différentes épreuves. C’est seulement la deuxième fois après 2012 que la barre de 700.000 élèves est franchie.

• Les réformes du bac

Depuis sa création, le baccalauréat a été transformé à de nombreuses reprises. Des épreuves aux systèmes de notation, presque tout a été modifié au fil des différentes réformes. Alors qu’il n’existe qu’un bac ès-lettre, une filière ès-sciences est créée en 1821. Neuf ans plus tard, c’est l’introduction de la première épreuve écrite. Il s’agit soit de la composition française soit d’une traduction d’un auteur classique.

En 1890 apparaît pour la première fois la notation sur 20. Jusqu’alors, le jury notait avec des boules de couleurs. Rouge pour favorable à l’obtention du diplôme, noir pour défavorable et blanche pour un avis neutre. En 1963, l’oral est alors réservé aux élèves ayant raté l’écrit mais qui ont au moins une moyenne de 7/20. Cinq ans plus tard, apparaissent les filières A (Philosophie-lettres), B (Economique et social), C (Mathématiques et sciences physiques), D (Mathématiques et sciences de la nature), et E (Mathématiques et technique). La même année est aussi créé le baccalauréat technologique.

En 1974, le bac ès-lettre est séparé en deux épreuves. Celles-ci sont passées par les candidats à une année d’intervalle. C’est l’origine de l’examen en deux parties qui existe encore aujourd’hui avec certaines épreuves, dont le français, en classe de première puis les autres en fin de terminale. Le bac professionnel apparaît, lui, en 1985. Après 25 ans d’existence, les filières A, B, C, et E disparaissent aux profits des séries ES (Économie et social), L (Littéraire), et S (Scientifique).

En 2018 enfin, le ministre de l’Éducation annonce une nouvelle grande réforme de l’examen, qui doit être mise en place à partir de 2021. Il ne comportera plus que quatre épreuves écrites ainsi qu’un grand oral.

• Toujours plus de mentions

«Le bac ce n’est qu’une formalité». La formule est bien connue. Si l’on compare les chiffres, le taux de réussite au baccalauréat est largement supérieur aujourd’hui, à ce qu’il était en 1980 et au début des années 2000. Cependant, les courbes indiquent que, depuis quatre ans, ce taux de réussite stagne voire régresse. En effet, il était de 92% pour la filière générale en 2013, et de 90,7% en 2017. Pour le bac professionnel,l’évolution est encore plus marquée. Le taux de réussite atteint les 87,3% en 2009 et n’est plus que de 81,5% en 2017.

Parallèlement, le pourcentage de mentions obtenues par les bacheliers a fortement augmenté. Cette tendance s’est même accélérée depuis le début du XXIe siècle. En effet, en 2000, seuls 25,9% des bacheliers obtenaient une mention contre 53,3% en 2017.

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• Le diplôme du baccalauréat

Un diplôme émis en 1830.
Un diplôme émis en 1866.

• Rousseau, auteur favori des épreuves de philo

C’est l’une des épreuves emblématiques du baccalauréat. Celle par laquelle les étudiants de terminale commencent chaque année: la philosophie. Selon la base de données officielle BDbac, Jean-Jacques Rousseau est l’auteur qui tombe le plus souvent dans l’épreuve de commentaire de texte. En effet, depuis 1996, ses oeuvres sont tombées à 89 reprises toutes séries confondues. Il devance ainsi Henri Bergson (84) et Emmanuel Kant (78).