Lycée : quelles spécialités choisir pour entrer en école d’ingénieurs postbac

Élèves de seconde, le choix des spécialités pour l'année prochaine arrive à grand pas. Maths, physique-chimie, SVT, le triptyque sacré pour intégrer une école d'ingénieurs postbac ?

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Élèves de seconde, le choix des spécialités pour l’année prochaine arrive à grand pas. Maths, physique-chimie, SVT, le triptyque sacré pour intégrer une école d’ingénieurs postbac ?

Les élèves de seconde de la voie générale doivent choisir trois spécialités pour la première. L’année suivante, l’une d’entre elles doit être abandonnée, pour n’en garder que deux en terminale. Douze spécialités sont proposées au total. Elles sont destinées à décloisonner les traditionnelles séries ES, L et S, vouées à disparaître totalement en 2021.

Pour les élèves souhaitant intégrer une école d’ingénieurs postbac, au moins une spécialité semble devoir être impérativement choisie.

Les maths, surtout les maths

De l’avis général, au moins l’un des trois choix de spécialités doit se porter sur les mathématiques. Claudia Enrech, directrice des formations du groupe UniLaSalle, explique ainsi que “cette spécialité fera progresser les élèves dans leur maîtrise des outils de calcul et d’appréhension abstraite des phénomènes, capacités utiles à toute orientation scientifique.”

Cette recommandation s’explique par le niveau attendu et la nature des tâches qu’effectuera le futur ingénieur, mobilisant tout au long de son parcours pédagogique et professionnel des outils mathématiques avancés.

“Je ne vois pas comment on peut venir chez nous sans avoir fait des mathématiques, c’est fondamental, abonde Jean-Claude Routault, directeur des classes préparatoires de l’ECAM Lyon. Voire prendre l’option mathématiques expertes en terminale.”

Si vous souhaitez ne prendre aucun risque, une autre spécialité est également nécessaire. “Quand on veut faire des études scientifiques, il est impératif de choisir également la physique-chimie en première”, défend Marc Faudeil, directeur de l’ISEN Yncréa Ouest.

Les deux premières années en école d’ingénieurs postbac ont pour objectif général l’intégration à l’école et le suivi d’une formation poussée en sciences. L’approfondissement des programmes du secondaire permet alors de recoller au niveau des élèves issus de prépa scientifique qui rejoignent les étudiants en L3 (1re année du cycle ingénieur).

Quel parcours visez-vous ?

C’est la question qu’il faut se poser, notamment pour le troisième choix de spécialité, si vous avez déjà jeté votre dévolu sur les maths et la physique-chimie.

Bien entendu, les sciences de la vie et de la Terre occupent une place particulière, dont les méthodes permettent de renforcer votre profil scientifique. Cette spécialité devient essentielle si vous souhaitez candidater à une école vétérinaire ou d’agronomie. Les élèves évoluant en lycée agricole peuvent également prétendre à ces écoles avec la spécialité “biotechnologie, écologie”.

Pour les écoles ayant un penchant informatique et technologie de l’information, choisir la nouvelle spécialité “numérique et sciences informatiques” marquerait votre intérêt pour ces filières.

Quant aux sciences de l’ingénieur, elles permettraient de colorer un profil dédié aux applications concrètes et modélisations des concepts de physique. Ces élèves davantage sensibles à la pédagogie de projet sont appréciés des écoles d’ingénieurs, en particulier de celles qui dispensent des enseignements en mécanique.

Langues, sciences éco, philosophie… au placard ?

Choisir trois spécialités scientifiques, une solution qui relève de l’évidence. Pour autant, vous êtes en droit d’aimer d’autres matières ou bien même de ne pas être tout à fait certain de votre avenir. Les portes de l’ISEN Ouest, par exemple, resteront ouvertes à des candidats plus atypiques : “Il n’y aura pas de pénalité pour ceux qui choisissent d’autres matières que scientifiques. Sciences économiques et sociales est un choix possible”, comme son directeur s’y engage.

Certaines écoles sont prêtes à accueillir les profils particuliers, avec des remises à niveau. Jean-Claude Routault, directeur de la prépa intégrée de l’ECAM Lyon, évoque de son côté les langues comme alternative. “En première, prendre LLCE peut être intéressant ! Il ne faut pas bloquer les jeunes qui possèdent une fibre littéraire. C’est très important aujourd’hui d’avoir un ingénieur qui sache s’exprimer, et qui soit capable de manager.”

Un ingénieur sera amené à travailler avec des collaborateurs non francophones, en France ou à l’étranger. Ces compétences autres que scientifiques pourraient vous aider à suivre les enseignements polyvalents des écoles.

“L’ouverture d’esprit et une culture large et curieuse seront des supports précieux pour les études supérieures et pour la suite du parcours professionnel, estime Claudia Enrech d’UniLaSalle. Soyez seulement conscient qu’il faudra déployer plus d’efforts que les autres en début de formation pour rattraper les enseignements spécifiques non travaillés en première et/ou en terminale.” En résumé : faites un maximum de sciences, forcez sur les mathématiques, intégrez la physique-chimie si possible et faites preuve de curiosité.