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Insertion Pro

Qu’apprend-on (vraiment) en école de commerce ?

école de commerce

Les écoles de commerce : des établissements où, entre deux fêtes, on travaille son réseau ? Pas seulement ! À travers les cours, les associations et les nombreux stages, les étudiants et les diplômés interrogés y ont acquis une préparation “béton” à la vie professionnelle.


Amoureux des concepts et des longues soirées de prise de tête sur vos dissertations, l’arrivée en école de commerce risque de vous provoquer un petit choc. Avec ses cours assez techniques sur les fondamentaux du management – comptabilité, marketing, finance, etc. – et son emploi du temps plutôt “light”, la première année représente souvent un changement d’univers brutal pour les élèves qui sortent d’une classe préparatoire.

Des cours un peu “techniques”, beaucoup de liberté

“Après deux années de prépa assez intenses, où tu apprends à beaucoup réfléchir, en arrivant à l’école, tu as un certain sentiment de vide”, se souvient Julie, diplômée de Neoma Business School (à l’époque Rouen Management School). La frustration semble d’autant plus grande qu’on a travaillé dur pour intégrer la “crème de la crème”.

“En prépa, les cours étaient passionnants et les profs exceptionnels. Selon moi, à HEC, les enseignants-chercheurs manquent d’expérience de l’entreprise. Les concepts de marketing que j’apprends seront peut-être périmés le temps que j’entre dans la vie active. Il y a un vrai décalage avec le monde actuel où tout va très vite…”, assure Antoine*,  diplomé de la très réputée business school. 

Entre elles, les écoles – qui connaissent bien ce problème qui touche une partie des promos en première année – parlent du “blues du préparationnaire” ou du “syndrome postprépa”. Pour y remédier, ellesproposent des doubles cursus, une batterie de cours d’ouverture en options et même du travail en plus pour ceux qui le souhaitent.

Dans une moindre mesure, cette surprise initiale touche aussi les autres étudiants, qu’ils sortent d’un BTS (brevet de technicien supérieur), d’un DUT (diplôme universitaire de technologie), de l’université ou du lycée comme Léo*, diplomé de l’EDC, une école de commerce postbac, après un bac ES. “J’ai un souvenir mitigé du premier semestre. Je trouvais les cours de marketing assez creux et j’avais un peu le sentiment d’être livré à moi-même”, confie l’étudiant, qui est à posteriori très satisfait de sa formation. 

Des savoirs utiles en entreprise

Finalement, cette frustration disparaît chez beaucoup d’élèves à l’épreuve du terrain. “Au début, on se dit, ‘c’est un peu du blabla ces cours’. Et puis, on fait des stages ou de l’alternance et on comprend combien c’était utile”, analyse Déborah, qui a réalisé un M2 en alternance à l’EM Strasbourg. 

À partir de la deuxième année, beaucoup d’écoles proposent à leurs élèves un début de spécialisation dans un domaine précis : ressources humaines, marketing, finance, etc. Déborah a choisi l’option “marketing digital”, très en vogue dans les business schools. Un parcours intéressant, qui lui “a permis d’aller beaucoup plus loin dans le domaine du marketing”.

Emmanuel, qui a réalisé un M2 à MBS (Montpellier Business School) après une licence pro, voulait approfondir ses connaissances et de prendre du recul. Mission accomplie : l’étudiant a appécié son alternance comme commercial chez Moët Hennessy (LVMH), l’aller-retour permanent entre théorie et pratique. “En cours, les intervenants partagent leur expérience et nous permettent de nous projeter. J’ai l’impression d’avoir vraiment gagné en capacité d’analyse, mais aussi en maturité dans mon poste.”

Des stages pour préciser son projet

Outre les enseignements purs, l’expérience en école de commerce vaut beaucoup pour les nombreux contacts qu’elle offre avec l’entreprise : l’alternance, mais aussi plus largement les stages, très fréquents quel que soit l’établissement. 

L’occasion de mettre en pratique les connaissances acquises en cours, mais aussi progressivement d’affiner ses choix et d’apprendre à se connaître : “Les stages contribuent à nous forger une culture du management”, affirme Déborah. Passée par des entreprises où l’ambiance était excellente, d’autres moins bonne, faute notamment d’un management efficace, l’étudiante sortira de l’école avec une idée assez claire de la manière donc elle compte, un jour, manager une équipe.

Des associations comme de mini-entreprises

À côté des stages, les écoles mettent tout en œuvre pour préparer les étudiants à la vie professionnelle :ateliers de CV et lettre de motivation, mais aussi coaching et cours de développement personnel, plutôt appréciés. Pour Timothée, qui a étudié à l’EDC, l’atelier autour de la prise de parole en public a été une révélation : “On a appris comment utiliser les repères visuels, faire passer un message à travers nos habits ou regarder son public… Ce sont des choses qui vont me servir toute ma vie !”

L’emploi du temps, assez aéré, et la pédagogie par projet sont là pour développer l’autonomie et la prise d’initiative des élèves. “À HEC, on a entre 10 et 20 heures de cours par semaine. Entre les deux, on est censé se débrouiller, résume Antoine*. Cela demande de savoir gérer son temps, de se projeter… Au début, ce n’est pas évident. Mais rapidement on se rend compte que c’est assez génial, car cela permet de faire du sport, de s’engager dans une association ou de monter sa boîte !”

Quasi-incontournable en école de commerce, l’expérience associative est souvent extrêmement formatrice. “C’est là que j’ai le plus appris”, assure Julie, diplômée de Neoma. Bénévole, puis présidente de Cheer Up !, une fédération d’associations qui aident des jeunes atteints du cancer dans la réalisation de leurs projets. Elle y a appris le travail d’équipe, le management, la gestion d’un budget : autant de compétences indispensables aujourd’hui dans sa vie professionnelle.

Enfin, les séjours et les stages à l’étranger, quasi-obligatoires, restent pour ceux qui les ont vécus une vraie école de la vie. Et l’occasion de s’ouvrir à d’autres cultures et d’autres manières de travailler.

Le réseau, toujours le réseau

Ces expériences, qui font “grandir” les étudiants sur le plan personnel, sont aussi un moyen de créer“l’esprit d’école”, sur lequel repose la solidité du réseau d’anciens. 

Dans la plupart des business schools, les “alumni” sont de précieux alliés lorsqu’il s’agit de décrocher un stage ou un emploi. L’EDC, qui appartient à ses anciens, en a fait sa spécialité : “Les diplômés s’investissent énormément dans le développement de l’école et le réseau est énorme”, remarque Léo.

Des alumni qui contribuent aussi à nourrir le réseau d’entreprises partenaires, régulièrement invitées à des speed-dating et à de nombreux forums. En arrivant à Montpellier Business School, Emmanuel, se souvient d’avoir été surpris par leur nombre. Que dire alors d’HEC d’où sort une partie des patrons du CAC 40… “Vu le nombre d’entreprises qui se déplacent sur le campus pour nos forums, c’est facile de trouver un stage vraiment sympa !”, admet Antoine.

Des relations et des compétences qui facilitent grandement ensuite l’entrée dans la vie active. Emmanuel a reçu une proposition d’emploi d’un cabinet de recrutement, “rien qu’en postant son CV sur les principaux job boards” (Monster, Cadremploi, Indeed, etc.)… Mais, attention, tout dépend des écoles et des secteurs d’activités.

Aujourd’hui RRH (responsable des ressources humaines) d’un grand magasin de bricolage, Julie n’a pas eu de mal à s’intégrer en entreprise. Une adaptabilité qu’elle doit en partie à sa formation. “En école, on apprend à enrober. C’est aussi cela qui fait que l’on est capable de parler à n’importe qui de façon crédible en arrivant en entreprise…”, confie la jeune femme. Et si c’était à refaire ? “Je referais exactement le même parcours !”

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Infos Pratiques

Arts et Métiers : à l’école de la création d’entreprise

Laisser du temps aux étudiants pour entreprendre. C’est l’objectif de l’Institut innovation et entreprenariat que vient de lancer Arts et Métiers. Un cursus original, alors que les écoles d’ingénieurs prennent de plus en plus en compte l’envie d’entreprendre de leurs étudiants.

“En termes de flux, c’était pas terrible”, juge Eugénie, avec une moue dubitative. Dans la salle du CFAI (centre de formation des apprentis) de Bruges (33), ils sont cinq étudiants réunis autour la table pour faire le point avec le professeur sur la simulation à laquelle ils viennent de participer.

Ils ont eu vingt minutes pour réaliser 25 avions selon un protocole industriel défini où chacun avait un rôle déterminé. Il s’agit d’avions en papier bien sûr, et l’enseignant fait office de client. Mais à deux minutes de la fin de l’exercice, aucun avion n’a été accepté par le client.

Dans le process, les élèves n’ont pas mis en place d’indicateurs de suivi qualité, et de nombreux avions ne passent pas le contrôle de conformité du client. “Impossible d’en faire 25 !”, se désole Romain. Après avoir listé les pistes d’amélioration, ils passeront l’après-midi à chercher les indicateurs avant de réitérer la simulation pour la mise en pratique.

Ces étudiants font partie d’un cursus national d’un nouveau genre proposé, à titre expérimental cette année, par Arts et Métiers. En effet, depuis quelques temps, les écoles d’ingénieurs rivalisent d’imagination pour apprendre à leurs étudiants à entreprendre. Et Arts et Métiers a placé la barre haut.

Séminaire et cours en ligne

L’institut innovation entreprenariat, en phase de test en 2017–2018, n’est pas une école, ne délivre pas de diplôme, mais est un cursus interne à l’école d’ingénieurs, qui permet aux étudiants désireux de créer leur entreprise de le faire dans le cadre de leurs études, même si une bonne dose de motivation est requise. “Après seulement une année aux Arts et Métiers, ils n’ont que peu de connaissances de la gestion industrielle, du pilotage de la performance, mais ils apprennent très vite”, assure un des professeurs participant au séminaire Grégory Barat, formateur à l’AFPI et ingénieur aéronautique de formation.

Sélectionnés majoritairement en première année sur leur projet et leur motivation, les 12 étudiants de cette première promotion viennent des différents campus d’Arts et Métiers : Angers, Bordeaux, Cluny, Nancy et Paris. Dans le cadre de cette expérimentation, la formation se compose de plusieurs briques : les séminaires d’entrepreneuriat toutes les six semaines, auxquels s’ajoute le choix de 4 modules sur 12 proposés en sciences de l’ingénierie et sciences humaines et sociales, à raison de cent cinquante heures de travail estimé par module dont cinquante heures de présentiel, le reste s’effectuant en ligne.

Du temps pour expérimenter

Parmi les étudiants entrepreneurs, il y a Thomas, l’âme entrepreneuse, qui projette de lancer une marque de moto d’exception, mais aussi Romain et son genou prothétique mécanique low cost pour le continent africain, ou encore Eugénie et son Fablab vestimentaire. Originaire de Bordeaux, Hugo Carlotti, 22 ans, a rejoint le cursus expérimental après deux ans à Arts et Métiers.

Les 12 élèves du cursus innovation entament la journée de séminaire par le jeu de la pelote, pour développer leur capacité créative. // © Morgane Taquet
Les 12 élèves du cursus innovation entament la journée de séminaire par le jeu de la pelote, pour développer leur capacité créative. // © Morgane Taquet

Hugo conçoit avec une interne au CHU Pellegrin (Bordeaux) un exosquelette motorisé afin d’accélérer la rééducation des victimes d’AVC. Un premier prototype a déjà été conçu en 2016, et 4 étudiants de deuxième année ont été réquisitionnés pour travailler sur son projet. En décembre 2017, Hugo a été confronté à des problèmes de motorisation de l’exosquelette. “La fille sur qui nous avions réalisé le prototype n’avait pas assez de force pour le soulever. Il a fallu le motoriser, et j’ai donc passé un mois au téléphone avec un technicien de chez Schneider pour le câblage des moteurs, et à écrire leur programme de commande”, se souvient-il.

Depuis le problème a été résolu, et Hugo a été sélectionné dans le cadre du programme entrepreneurial de HEC Challenge+. Il est désormais suivi pour le volet marketing par la grande école de commerce à raison d’une semaine par mois pendant six mois. Hugo a dorénavant un emploi du temps très chargé : il partage donc son temps entre HEC, le CHU, Arts et Métiers à Talence (33) et Cap sciences à Bordeaux, le centre de diffusion de la culture scientifique où les étudiants bordelais sont en résidence. À leur disposition, un Living lab, un Fablab, et les instruments usuels tels que imprimante 3D, découpeuse laser, ou outils électroniques.

Un terrain de jeu

Pour Hugo, un des attraits principaux du cursus a été de pouvoir développer son projet tout en validant son diplôme à la sortie. “Cette année nous permet de prendre le temps de mettre en œuvre une idée, une possibilité que nous n’aurions pas eu avec les cours et les stages de la formation classique.”

“En général, les étudiants attendent d’avoir leur diplôme pour monter leur entreprise, relève Philippe Viot, chargé du développement de l’institut. Au cours de la création, ils vont être confrontés à deux difficultés : la pression familiale et sociale pour trouver un travail et avoir un salaire, et une phase de pivot – repositionnement pendant la création de l’entreprise – difficile à supporter psychologiquement. Dans le cas de notre dispositif, cette phase a lieu pendant les études avec toujours le diplôme à la clé, c’est plus rassurant.”

“Nous leur offrons un terrain de jeu. Et s’il y a échec ce n’est pas grave, l’expérience sera toujours valorisée sur un CV”, estime Philippe Viot. À Bordeaux, Hugo prévoit de commencer les tests de son exosquelette sur des patients réels au CHU au printemps prochain.

 

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Actualités Études

Étudiant et entrepreneur : ce qui va changer si vous créez votre entreprise durant vos études

étudiant et entrepreneur

Pour encourager les étudiants à entreprendre, une série de mesures vient d’être dévoilée, comme la délivrance de crédits ECTS ou la gratification si vous effectuez un stage dans votre entreprise. L’Etudiant fait le point.

“100 % des étudiants doivent être sensibilisés à l’entrepreneuriat !” Frédérique Vidal veut susciter plus de vocations d’entrepreneurs. Le 2 mai 2019, à Lyon, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a présenté son plan pour développer “l’esprit d’entreprendre”.L’Etudiant a repéré les mesures qui devraient vous faciliter la vie si vous vous lancez dans un projet de création d’entreprise en parallèle de vos études.

Un statut plus facile à décrocher

Créé en 2014, le statut national d’étudiant-entrepreneur a été calqué sur celui des étudiants athlètes de haut niveau : il vous permet de bénéficier d’aménagements de scolarité pour pouvoir conduire votre projet entrepreneurial en même temps que vos études. Vous pouvez même substituer votre projet à votre stage de fin de cursus. Et si vous êtes jeune diplômé, vous pouvez conserver ce statut et garder le bénéfice des bourses sur critères sociaux que vous touchiez.

Plus de 8.000 étudiants ont bénéficié du dispositif depuis sa création. Mais jusqu’à présent, les critères d’attribution du statut variaient selon les établissements et, face au nombre de demandes, certains organismes étaient engorgés. Des étudiants avec un bon projet n’y avaient pas accès. Les critères de sélection vont donc être revus et homogénéisés au niveau national afin que davantage d’étudiants puissent en bénéficier.

 

Un diplôme mieux reconnu par les professionnels

Le D2E (diplôme d’étudiant-entrepreneur) est un diplôme universitaire créé en 2015. Ce diplôme d’établissement est proposé à tous les étudiants et jeunes diplômés qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. Bien pratique pour sécuriser son projet. Mais le D2E est mal valorisé par le milieu professionnel. Pour améliorer sa reconnaissance, le D2E sera inscrit d’ici six mois à un an au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). “Adosser le diplôme d’étudiant entrepreneur à un référentiel de compétences permettra de certifier que l’étudiant possède un socle de compétences”, commente Frédérique Vidal. Au total, même si vous n’aboutissez pas dans votre création de start-up, vous pourrez valoriser l’expertise développée lors de ce projet dans vos entretiens de recrutement pour vous faire embaucher.

Une gratification pour les boursiers qui créent

“J’aimerais faire mon stage de fin d’études dans l’entreprise que je suis en train de créer. Mais je vais devoir renoncer à plus de 3.000 € de gratification que toucheront mes camarades de promotion durant leurs six mois de stage en entreprise”, déplore Antoine, en seconde année d’études à Télécom Saint-Étienne.

Lire aussi : Le statut d’étudiant-entrepreneur à l’épreuve des faits

La gratification de stage – obligatoire quand celui-ci dure plus de deux mois – s’élève au minimum à 506 € par mois. Pour éviter cette discrimination qui frappe les étudiants modestes qui entreprennent, la ministre a annoncé une gratification compensant l’indemnité de stage pour les boursiers qui optent pour une période de professionnalisation sur leur projet d’entrepreneuriat à la place du stage.

Valider des crédits ECTS tout en entreprenant

Le plan sur l’esprit d’entreprendre prévoit de développer des semestres “entrepreneuriat”. L’idée ? Que vous puissiez passer un semestre à développer votre start-up tout en validant des crédits ECTS et en bénéficiant d’un accueil et d’un suivi personnalisé. Plus largement, le plan prévoit de développer davantage l’offre de formation à l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur. Vous pourrez ainsi suivre des unités d’enseignement “entrepreneuriat” quel que soit votre cursus d’études. De nouvelles licences professionnelles et masters dédiés au sujet devraient aussi fleurir. Enfin, des modules d’entrepreneuriat pour les doctorants qui créent leur start-up seront mis en place.

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Insertion Pro

Stage : et maintenant, au rapport (ou comment réussir sa rédaction) !

Rédiger votre rapport de stage, un exercice qui peut vous paraître une besogne terriblement ennuyeuse… Voici quelques règles qui vous permettront de le réussir mais aussi d’en faire un outil d’analyse de votre projet professionnel.

“Souvent, les rapports de stage pêchent par manque de préparation et de réflexion. Ils souffrent de beaucoup de négligence, constate Sonia Journaud, directrice des stages à Audencia Business School et co-animatrice du groupe de travail “stages” à la Conférence des grandes écoles. Bâclés, manquant d’informations, incomplets… Il est possible de mieux faire ! L’Etudiant vous donne la marche à suivre pour livrer un rapport de stage impeccable qui vous soit profitable.

Un outil pour évaluer vos compétences 

“Le rapport de stage vous permet de structurer et d’évaluer votre expérience, de vous projeter dans un métier et un environnement de travail et, par là même, d’approfondir votre projet professionnel”, vante Guillaume Parrou, professeur de marketing chez OpenClassrooms. “Sa réalisation permet de prendre du recul sur l’expérience vécue, ce qui est tout aussi important que l’expérience elle-même”, complète Sonia Journaud. Votre rapport ne devra donc pas se limiter à compiler les activités menées, il devra analyser le travail effectué : les objectifs à atteindre, les moyens mis à disposition, l’autonomie accordée (ou pas), les résultats finalement obtenus et le décalage éventuel avec les objectifs initiaux.

Ce travail vous permettra également d’évaluer les compétences acquises ou en cours d’acquisition.En effet, depuis la loi de 2014 encadrant les stages, les établissements de formation doivent définir dans la convention de stage les compétences à acquérir ou à développer au cours de la formation en milieu professionnel.

“Ma mission principale était bien définie en amont : je devais préparer un guide méthodologique du logement étudiant, se réjouit Zoé, jeune diplômée en master 2 de géographie à Paris Diderot, qui a effectué son expérience de fin d’études à la Fédération nationale des agences d’urbanisme. J’avais un plan d’action sur six mois, un plan d’action par semaine et des points réguliers au moins une fois par semaine”. Une préparation qui a facilité par la suite la rédaction du rapport de stage de Zoé.

Description des missions : évitez l’effet catalogue

Concrètement, comment vous y prendre ? Vous pouvez adopter un plan de rédaction classique :présentation de l’entreprise et de son contexte ; description des missions ; activités réalisées ; bilan.“Vous pouvez aussi consulter le tuteur référent académique pour le plan, puisqu’il en sera souvent le correcteur”, recommande Sonia Journaud.

“Dans l’énumération des missions, évitez l’effet catalogue, préconise de son côté Gabriele Di Filippo, professeur à l’université Paris Dauphine. Ne confondez pas les missions avec les tâches effectuées qui vous ont permis de les réaliser”. Pour éviter cet écueil, dégagez une ou deux problématiques clés de votre stage. Elles détermineront un thème central pour votre rapport. Par exemple, si votre stage se passe dans le domaine de la gestion de projet, la problématique peut être : “Comment réussir un projet de refonte de site Web ?”. Ou dans le domaine du Web marketing : “Comment monétiser l’audience d’une chaîne YouTube ?”.

Pour la présentation de l’entreprise, évitez de recopier son site Internet. “Certains étudiants ne font même pas l’effort de faire des phrases de transition entre les éléments recopiés !”, soupire Gabriele Di Filippo. Préférez une description personnelle et originale. N’oubliez pas de mentionner l’organigramme pour comprendre les liens entre les différents services et votre place dans l’entreprise.

Bilan du stage : votre projet professionnel validé… ou pas ! 

Le bilan est une réflexion personnelle sur le profit que vous avez tiré – ou non – de cette expérience. Vous devez y mentionner les apports du stage sur le plan professionnel et technique : connaissances et compétences acquises, découverte de nouveaux outils… Au final, ce stage valide-t-il votre projet professionnel ? Vous donne-t-il envie de poursuivre dans ce domaine, ce métier, cette entreprise ? Ou au contraire a-t-il remis en cause votre projet ? Dès lors, comment envisagez-vous votre orientation dans les mois à venir ?

“Un stage réussi, cela peut être également se rendre compte que ce n’est pas ce qu’on veut faire !”, rappelle Frédéric Muyard, vice-président formation et vie universitaire de l’université de Franche-Comté. Votre rapport doit donc se conclure par cette réflexion.

Le secret de la réussite : un journal de bord en continu

La diversité des stages ne permet pas de donner une longueur type pour un rapport. “Un rapport trop long (supérieur à 20 pages) perd le lecteur dans trop de détails. Un rapport trop court (inférieur à 6 pages) omet des informations”, estime toutefois Guillaume Parrou. N’oubliez pas de soigner la présentation et la rédaction. L’aspect général génère une première impression sur votre travail : si le fond est riche, la forme doit aussi être agréable. Faites vous relire pour chasser les fautes d’orthographe ou de syntaxe qui vous ont échappé, ou vous perdriez des points.

“Dès le début du stage, prenez des notes régulièrement et recueillez la documentation nécessaire qui pourra servir d’annexe, recommande Sonia Journaud. Tâches effectuées, difficultés rencontrées, échanges avec le référent en entreprise et le tuteur professeur… Tout cela viendra alimenter la construction du rapport et facilitera sa rédaction.” Vous pouvez avoir eu accès à des éléments confidentiels durant votre stage, donc, dernière précaution à prendre : “Faites valider le fait de pouvoir utiliser ou non la documentation ou les informations sensibles recueillies au cours de votre stage”, recommande Sonia Journaud. À vos claviers !

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