Intelligence artificielle : des métiers pour faire grandir les robots

L’intelligence artificielle détruira peut-être des emplois dans les années à venir mais en créera aussi de nouveaux. C’est un domaine qui recrute déjà beaucoup tant les technologies IA se diffusent à grande vitesse. L'Etudiant a repéré les métiers qui montent.


L’intelligence artificielle détruira peut-être des emplois dans les années à venir mais en créera aussi de nouveaux. C’est un domaine qui recrute déjà beaucoup tant les technologies IA se diffusent à grande vitesse. L’Etudiant a repéré les métiers qui montent.


“Mon travail consiste à jouer avec les données à grande échelle et à construire des modèles de prédiction qui viennent enrichir la performance de notre moteur technologique, Engine. Il regorge de technologies basées sur l’intelligence artificielle et fonctionne 24 heures sur 24. Le tout en apprentissage permanent.” Clothilde, 25 ans, occupe un poste de software engineer chez Critéo, une entreprise française de reciblage publicitaire cotée au Nasdaq. Polytechnicienne, Clothilde exerce le métier de data scientistet fait partie d’une équipe de 700 personnes travaillant en recherche et développement au sein de l’entreprise, à Paris, à Grenoble, et à Palo Alto, en Californie.

Outre les grandes entreprises technologiques et les start-up, les outils d’intelligence artificielle se diffusent rapidement dans tous les secteurs. Leur utilisation pourrait créer de nombreux emplois autour de la production de l’IA dans les domaines de la santé, du droit, de l’architecture, prévoit ainsile mathématicien Cédric Villani dans son récent rapport.

Ingénieur des connaissances ou knowledge engineer

Appelé aussi ingénieur cogniticien, cet ingénieur spécialisé en intelligence artificielle intervient dans des secteurs aussi divers que le jeu vidéo, la médecine, la défense ou encore l’automobile. Il fait le lien entre l’homme et la machine. Il conçoit des logiciels et des applications pour rendre la machine toujours plus “intelligente” et faciliter la vie des utilisateurs dans leur travail ou leurs loisirs.

Fondu d’informatique, c’est aussi un expert de la psychologie humaine. L’ingénieur cogniticien exerce ainsi un métier à la croisée de l’informatique et des sciences humaines (biologie, psychologie, neurosciences, ergonomie…). Vous pourrez vous former à ce métier à Bordeaux, à l’École nationale supérieure de cognitique (ENSC).

Data scientist

On se les arrache ! “Les profils de data scientist, des diplômés d’une école d’ingénieurs de bon niveau, qui conjuguent une bonne connaissance du développement informatique et des infrastructures réseaux, sont très à la mode et difficiles à recruter”, observe Grégoire Bénard, consultant en recrutement du cabinet Clémentine, spécialisé dans les métiers du digital.

Le data scientist analyse, exploite et donne un sens aux masses de données recueillies par l’entreprise ou l’administration pour en améliorer le fonctionnement et le développement. Il construit des algorithmes, élabore des modèles prédictifs de comportement et fait des recommandations. Le data scientist peut ainsi prédire le comportement d’un suspect comme d’un consommateur, selon qu’il exerce dans la défense ou le e-commerce. Il est souvent diplômé d’une école d’ingénieurs, d’informatique ou de statistiques.

Intégrateur d’IA, concepteur-développeur, programmeur

De plus en plus de développeurs informatiques deviennent des intégrateurs d’intelligence artificielle.Leur job ? S’emparer de ces technologies pour les intégrer aux produits et services existants.

De même, les emplois de chefs de projets capables d’intervenir de manière transversale pour développer, intégrer et assurer la maintenance des systèmes d’IA se multiplient.

Par ailleurs, “en complément des data scientists, les entreprises ont besoin de développeurs Data IA”,

observe Louise Joly directrice de l’École IA Microsoft ouverte depuis mars 2018 à Issy-les-Moulineaux. “Le développeur Data IA connaît les langages de programmation propre à l’intelligence artificielle (Python, C++…) et assiste les data scientists pour créer des applications et des interfaces”, poursuit-elle.

Chercheur en IA ou en “machine learning”

Mais, pour améliorer la façon dont l’intelligence artificielle simule la pensée humaine, des progrès doivent encore être accomplis dans la connaissance des réseaux neuronaux, de l’apprentissage automatique (“machine learning”), etc. Des chercheurs en IA doivent donc être formés et recrutés pour répondre aux besoins dans les années à venir. En France, 5.300 chercheurs travaillent déjà sur le sujet au sein de 268 équipes de recherche publiques et privées, selon le rapport #FranceIA paru début 2018.

Après Google et Facebook, d’autres grands groupes internationaux implantent en France des centres de R&D en intelligence artificielle : Samsung, Fujitsu, IBM, Deepmind. Au printemps 2018, des acteurs de la recherche publique (l’INRIA, le CNRS et l’université PSL) viennent de s’associer avec des groupes privés (Amazon, Facebook, Google, Microsoft, PSA, Faurecia, Criteo…). Leur ambition ? Créer uninstitut de recherche et de formation de réputation internationale dans le domaine.

L’intelligence artificielle n’en est qu’à ses prémices. Demain, de nouveaux métiers aux intitulés futuristes pourraient émerger, comme ceux de “psy-designer”, “égoteller” pour créer, éduquer et gérer l’intelligence artificielle. D’autres pourraient répondre à des besoins connexes : maintenance, médiation, création assistée, etc. Le métier d’éthicien pourrait ainsi devenir en vogue : il aurait la charge de lutter contre les discriminations sur les plates-formes informatiques. L’IA, un secteur d’avenir.