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Pas de raison pour les jeunes ingénieurs de broyer du noir face à la crise. Non seulement certains secteurs, l’informatique et l’aéronautique en tête, continuent tout de même de recruter, mais partout les métiers évoluent et de nouveaux besoins émergent au fil des départs à la retraite et des progrès technologiques. Revue de détail des tendances 2015.


Les ingénieurs résistent à la crise. Malgré la conjoncture morose, 100.000 ingénieurs ont été recrutés en 2013 (contre 85.550 en 2012) selon l’enquête 2014 de l’Observatoire des ingénieurs. Le taux de chômage, de 4 %, reste stable. “Les jeunes ingénieurs diplômés font partie des mieux lotis. Parmi les diplômés 2013, 69 % occupaient un emploi en 2014“, affirme Pierre Lamblin, directeur du département Études et recherche de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres).

La promotion suivante a également su tirer son épingle du jeu. Selon l’enquête insertion 2014 de la CGE (Conférence des grandes écoles),près de 70 % des diplômés 2013 sont aujourd’hui en CDI (contrat à durée indéterminée).

Pénurie dans l’informatique

Les entreprises ont même du mal à recruter dans certaines spécialités, le numérique ou la mécanique notamment. Ces problèmes de recrutement s’expliquent “par la complexité à trouver des personnes correspondant au profil recherché”, note l’Observatoire des ingénieurs. “Les secteurs où les difficultés de recrutement sont les plus importantes sont ceux des logiciels, des services en informatique, des sociétés en ingénierie. Ils peinent à cause d’un fort turn-over. Ils doivent régénérer leurs effectifs tous les ans”, constate Gérard Duwat, le président de l’Observatoire. Ainsi, seulement 8 % d’ingénieurs craignent de ne pas trouver un emploi.

Des secteurs plus ou moins rémunérateurs

Selon l’Observatoire, le salaire médian d’un ingénieur débutant est stable : 34.000 € brut annuels. Celui de l’ensemble des ingénieurs s’élève à 55.200 €. Mais certains secteurs sont plus rémunérateurs que d’autres. C’est notamment le cas des industries extractives, où l’on peut toucher 90.000 € par an.

Paradoxalement, “les secteurs peu rémunérateurs comme l’agriculture (42.000 €) ou l’enseignement (42.681 €) sont ceux qui montrent les plus importants taux de satisfaction chez les ingénieurs, car ce sont souvent des passions”, remarque Gérard Duwat. Et un nouveau critère de choix rentre aujourd’hui en compte : la localisation. “Les ingénieurs ne veulent pas trop s’éloigner de leur foyer. L’équilibre de la vie familiale compte pour eux. Toutefois, avec les évolutions technologiques, la localisation sera de moins en moins un inconvénient grâce au travail à distance”, explique Gérard Duwat.

L’alternance prisée par les entreprises

Comme les écoles fournissent des profils d’ingénieurs peu spécialisés, les entreprises ont recours souvent à l’alternance ou la formation interne. L’alternance est “un processus gagnant-gagnant pour l’étudiant et l’entreprise, qui y voit une alternative quand elle ne trouve pas les profils qui lui convienne sur le marché”, justifie Hélène Allanic, responsable du recrutement à Netasq-Arkoon, société spécialisée en sécurité informatique. Tous les secteurs font le même constat, des banques à l’énergie. “Avec l’alternance, nous formons les profils à nos outils et à nos techniques. Il est également nécessaire de les former aux réglementations qui deviennent de plus en plus complexes”, détaille Raynald Ferdinand, responsable DRH à Dalkia, société spécialisée en efficacité énergétique.

Laurent Benazera, directeur recrutement diversité et relations écoles à Open, entreprise de service du numérique, recommande ainsi d’entrer le plus tôt possible en alternance. “Cela permet aux jeunes de s’imprégner assez vite de l’innovation technologique de l’entreprise et de mieux connaître les métiers”.

Cerise sur le gâteau : le taux de transformation en emploi est important. En 2014, 40 % des ingénieurs diplômés en alternance ont eu une proposition d’embauche contre 29 % à l’issue d’un stage, selon l’Apec. Les profils d’étudiants “classiques” continuent cependant d’être appréciés pour leur adaptabilité, valeur essentielle aujourd’hui face aux technologies qui évoluent constamment.