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INFOGRAPHIE – Les métiers de salles de marché attirent les jeunes ambitieux. Les banques internationales recherchent pour ces métiers des diplômés issus des masters en finance ou des ingénieurs.

Le métier de trader est redouté autant qu’il est source de fantasme. Redouté car la finance de marché a été mise au pilori après la crise des subprimes de 2008 et la monumentale escroquerie de Bernard Madoff. Mais c’est un métier qui fait encore rêver pour ses salaires mirobolants et l’image «Loup de Wall Street» que le poste renvoie. Et aujourd’hui? «Le fantasme du trader existe encore un peu, affirme Jad, un vendeur en taux d’intérêt dans une banque britannique à Paris. La salle de marchés est une structure hiérarchique plate qui fait que vous prenez de l’importance immédiatement. En trois ans, vous gagnez 80 000 € par an, cela peut faire tourner la tête».

Ingénieur et master en finance

Les voies pour accéder à ces métiers exigeants n’ont guère changé. En salle de marché, deux métiers principaux cohabitent: «Le vendeur est l’opérateur qui ouvre le marché aux clients et les conseille sur leurs prises de positions, explique Jad. Les banques recherchent pour ces métiers des profils écoles de commerce ou masters de finance type Marchés financiers à Dauphine ou Master in finance à l’Essec Pour le métier de trader pur, qui prend les positions de la banque sur les marchés, les recruteurs privilégient le profil école d’ingénieur du top 5 puis master en finance: le métier reste très technique, et nécessite d’être formé aux modèles mathématiques».

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La gestion du risque financier toujours plus importante

Depuis les crises de 2008 et 2011, le métier a évolué, et la formation de même: «Nous mettons de plus en plus l’accent sur la gestion du risque, détaille Pascale Biala, directrice du Msc Financial market de l’Edhec. Pendant longtemps, on n’a pensé qu’à la formation aux modèles mathématiques. Aujourd’hui, on se tourne davantage vers les scénarios macroéconomiques pour se prémunir du risque». Les traders d’aujourd’hui ont des limites strictes de prise de risque journalières, hebdomadaires et mensuelles.

Un métier mondialisé

Coté débouchés, la France n’est pas l’eldorado de la finance de marché. Et les formations ont dû s’adapter à la mondialisation du marché. «À part la Société Générale, la plupart des grandes banques ont délocalisé une bonne partie de leurs activités de marché à l’étranger: Hong Kong, New York, mais surtout Londres sont privilégiées par les jeunes traders», détaille Michel Baroni, directeur du Master in finance de l’Essec. Ainsi, deux tiers des étudiants de ce master trouvent un emploi hors de France et la moitié de ceux du Msc Financial market de l’Edhec vient de l’étranger. Dans ces deux formations, les cours sont donnés en anglais, une langue dont la maîtrise professionnelle est requise pour trouver un emploi.

« Les chiffres finissent par lasser »Jad, Sales en taux d’intérêt dans une banque britannique

Et après? Mieux vaut avoir une double compétence pour pouvoir se réorienter si besoin. «C’est un métier répétitif. Une fois qu’on n’a plus la main moite à chaque vente, c’est un peu toujours pareil, explique encore Jad. Et puis c’est abstrait, or aujourd’hui les jeunes veulent monter des entreprises pour vendre quelque chose de concret. Nous, on ne traite que de l’argent, toute la journée. Tout le monde ne parle que de ça. Les chiffres finissent par lasser».