Décrocher un stage à l’étranger : comment vous y prendre

La recherche d'un stage à l'étranger est souvent longue et difficile... Voici quelques pistes pour chercher et trouver une mission qui vous corresponde, sans le stress de la dernière minute !

La recherche d’un stage à l’étranger est souvent longue et difficile… Voici quelques pistes pour chercher et trouver une mission qui vous corresponde, sans le stress de la dernière minute !


Où aller ?

“Avant de choisir la destination de votre stage à l’étranger, il faut regarder la situation économique du pays, les atouts linguistiques et la législation locale concernant les stages”, conseille Jean-Pierre Pont, auteur du livre “Tour du monde de l’emploi”. De bons indices pour savoir si les pays visés recrutent volontiers des stagiaires étrangers. “Certains, notamment les Anglo-Saxons, sont par exemple plus friands des VIE/VIA (volontariats internationaux en entreprise ou en administration), l’intermédiaire entre le stage et le premier emploi”, précise l’expert.

Selon Jean-Pierre Pont, on trouve surtout les pays frontaliers parmi les destinations les plus choisies par les étudiants français : l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne. “Malgré la crise économique que cette dernière traverse, le niveau de vie est moins coûteux. Et apprendre l’espagnol ouvre aussi aux pays de l’Amérique latine.”

La Nouvelle-Zélande plus que l’Australie

Beaucoup d’étudiants sont également attirés par l’Australie et le Québec. “Ce n’est pas forcément une bonne idée… Ces pays sont très prisés, il y a même des places limitées pour les PVT (permis vacances travail) et les opportunités pour y rester sont très limitées”, met en garde Jean-Pierre Pont. L’auteur conseille d’opter plutôt pour “la Nouvelle-Zélande et les autres provinces du Canada“, mais aussi “l’Irlande plutôt que l’Angleterre”, ou encore “les pays de la zone ASEAN (Asie du Sud-Est), comme le Vietnam ou Singapour…”.

Attention, pour certaines destinations, notamment hors Europe, les démarches pour l’obtention d’un visa peuvent s’avérer difficiles. “J’ai mis tellement de temps à obtenir mon visa pour les États-Unis que j’ai dû retarder mon départ”, se souvient Paul, 21 ans, en master 1 UX design à l’École de design Nantes-Atlantique. L’étudiant a effectué un stage de 6 mois au MIT Senseable City Lab de Cambridge, Massachusetts.

Une destination atypique sur le CV

Certains étudiants, comme Julien, 22 ans, en dernière année de l’École des mines de Douai (59), ont misé sur “une destination originale, pour intriguer sur [leur] CV”. L’élève ingénieur a décroché un stage chez Areva au Kazakhstan. “Il est plus facile de démarcher des entreprises françaises implantées ici que les entreprises locales, encouragées à privilégier les Kazakhs”, raconte-t-il. L’une des contraintes de cette destination : “Il faut sortir du territoire tous les 30 jours pour redemander un visa.”

Un projet plus qu’un pays

D’autres étudiants réfléchissent d’abord aux entreprises ou institutions qu’ils souhaitent intégrer avant de choisir un pays. C’est le cas de Thomas, 21 ans, en M1 à Skema Business School.

“Je savais que je voulais travailler dans un cabinet d’affaires publiques. Un professeur m’a conseillé de mieux connaître le Parlement européen de l’intérieur au préalable, pour rendre mon parcours plus cohérent”, explique ce stagiaire de l’organe parlementaire. Pour lui, “il faut réfléchir à la façon de vendre son stage auprès d’un recruteur au retour, montrer qu’il est inscrit dans un parcours professionnel et pas pour faire du tourisme”.

Pas payé, plus facilement recruté ?

D’autres critères peuvent entrer en ligne de compte. “Il est plus facile de trouver un stage dans certains pays, comme l’Espagne, où les entreprises ne sont pas obligées de payer leurs stagiaires”, souligne Alicia, 23 ans. Cette étudiante en M2 genre, égalité et politiques sociales à l’université Toulouse 2 (31) est en stage à Madrid dans une association féministe.

D’accord, mais alors comment joindre les deux bouts ? Sachez que si vous choisissez un pays faisant partie du programme Erasmus+, vous pourrez bénéficier d’une bourse.

Où et quand chercher ?

Encore plus qu’en France, il faut s’y prendre tôt pour dénicher un stage à l’étranger qui vous convienne. Thomas a trouvé le sien 10 mois avant qu’il ne débute. “Cela m’a permis d’anticiper pour trouver un logement et m’installer sans stress“, souligne-t-il. Pour trouver son stage au Parlement européen, il a contacté un des députés européens de sa circonscription, qui a fait remonter la demande au niveau de son groupe parlementaire. “Pour avoir des idées d’endroits où postuler et des missions qui vous attendent, vous pouvez aussi contacter de jeunes professionnels qui ont un parcours semblable au vôtresur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadéo…). C’est une porte d’entrée efficace”, conseille-t-il.

Pensez aux réseaux…

Dans les grandes écoles, pensez également aux réseaux des anciens qui peuvent vous recommander ou vous conseiller. À l’université, les étudiants sont aussi aidés. “Ils ont à leur disposition une liste d’entreprises ayant déjà accueilli des étudiants de l’université et peuvent consulter les rapports de stages pour savoir à quoi s’attendre”, décrit Marion Vilgard, une responsable du bureau des relations internationales et des stages à l’université d’Orléans (45).

Parmi les réseaux utiles pour vos recherches, pensez à l’Union des Français de l’étranger, à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger), ou encore aux chambres de commerce à l’étranger, qui ont parfois un bureau dédié à l’emploi. Le site Placeojeunes peut aussi vous aider à dénicher des offres.

Comment candidater ?

Paul a passé énormément de temps à se renseigner sur les entreprises, les missions possibles. “J’avais tout regroupé dans un fichier Excel pour comparer. Il vaut mieux envoyer 10 candidatures bien travaillées, pour des stages que l’on souhaite vraiment, qu’une centaine au hasard.”

Pour une candidature à l’étranger, vous devez préparer vos CV (en ligne et papier) et vos lettres de motivation en anglais. “Il est indispensable de se faire relire par un anglophone pour être sûr de ne pas laisser d’erreurs. Pour ma part, j’ai demandé à mon professeur d’anglais”, conseille Julien.

Adaptez vos CV

À l’université d’Orléans, des ateliers sont organisés pour accompagner les étudiants dans la rédaction de leur dossier de candidature. “La démarche est différente selon les pays. Par exemple, pour les États-Unis et le Canada, il faut mettre en valeur ses compétences sur le CV”, illustre Marion Vilgard. En Espagne, Alicia constate que “ce sont plutôt les diplômes obtenus qui comptent. On met nos compétences en avant seulement au moment de l’entretien”. À vous de vous adapter pour mettre toutes les chances de votre côté…