école d'ingénieurs

Les femmes demeurent encore largement minoritaires dans les écoles d’ingénieurs. À l’occasion de la journée des droits des femmes, l’Etudiant vous explique pourquoi vous ne devriez pas hésiter à tenter les concours de ces établissements.

Si les jeunes filles représentent 47 % des élèves de terminale S, elles ne constituent plus que 27 % des effectifs en écoles d’ingénieurs. Cette proportion de femmes a augmenté de 41 % en 25 ans mais la féminisation reste lente et à même tendance à stagner depuis 2015.

Pourtant, les établissements multiplient les actions pour encourager les femmes à rejoindre leurs formations : sensibilisation dans les collèges et les lycées, promotion des ingénieures…

Instaurer des quotas de femmes dans chaque établissement serait-elle la seule solution pour permettre une féminisation rapide ? Les acteurs s’y refusent encore : le sujet d’une discrimination positive aux concours est régulièrement évoqué mais presque toujours écarté.

À l’occasion de la journée du 8 mars, l’Etudiant vous donne toutes les bonnes raisons d’intégrer une école d’ingénieurs si vous êtes une femme et que vous vous intéressez aux sciences.

1. Votre profil sera recherché sur le marché du travail

Avec les nouveaux enjeux liés à l’intelligence artificielle, au développement de la data ou encore aux défis posés par le réchauffement climatique, le marché du travail révèle un besoin croissant en ingénieurs. La moitié féminine de la population française ne sera donc pas de trop pour pourvoir les places vacantes et en cours de création !

Vous aurez d’autant plus de facilité à vous insérer professionnellement que les entreprises et les organisations demandent aux écoles de former davantage de femmes. “Les entreprises recherchent des femmes ingénieures et font de plus en plus d’efforts pour en attirer dans leurs effectifs”, déclare Frédéric Fotiadu, directeur général de l’École centrale de Marseille.

“Les ingénieurs conçoivent des objets de la vie courante qui seront notamment utilisés par les femmes. Il est donc essentiel que des femmes participent à leur élaboration et soient impliquées dans le processus de conception et de fabrication”, ajoute Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech.

2. Vous bénéficierez d’un grand choix de parcours

Les stéréotypes ont la vie dure. Votre famille, votre entourage, votre environnement ont inconsciemment influencé vos goûts et affinités. Il est possible que certaines disciplines ou certains secteurs vous fassent fuir. Il n’est alors pas question de vous forcer à aimer l’automobile ou le BTP si cela ne vous dit rien !

Une étude a montré qu’une fille était considérée comme bonne élève lorsqu’elle était excellente dans au moins quatre matières tandis que les garçons l’étaient s’ils atteignaient un haut niveau dans seulement deux disciplines scientifiques. Les filles ont développé des stratégies de travail acharné pour avoir le privilège d’être dans la catégorie des bons potentiels. Par conséquent, être confrontées à des études trop axées sur une matière unique peut leur être insupportable”, rappelle Florence Dufour, directrice générale de l’EBI.

Pour vous épanouir, il vous faut alors peut-être marier la physique-chimie ou les mathématiques avec la littérature, le design ou d’autres matières peu enseignées dans les cursus scientifiques traditionnels.

Mais aujourd’hui, les écoles d’ingénieurs offrent une palette de filières d’études très large. Chimie, informatique, doubles-diplômes ingénieurs-architectes… Vous avez la possibilité de confectionner un cursus sur-mesure. “Nous avons tendance à mettre en place des parcours plus variés qui attirent davantage les filles, plus intéressées globalement par les sciences du vivant, l’environnement, le biomédical”, souligne Olivier Paillet, directeur général de l’ESEO.

Et puis, en rentrant dans une école d’ingénieurs, vous vous découvrirez peut-être une passion pour l’informatique ou l’automobile et casserez ces stéréotypes si prégnants !

3. Vous serez valorisées au sein des écoles

Il n’est jamais facile de rejoindre une école où vous êtes sûre d’appartenir à une minorité. “Lors de salons, j’ai rencontré des lycéennes qui étaient intéressées par l’informatique mais qui redoutaient de se retrouver dans un milieu exclusivement masculin“, se souvient Éva, élève ingénieure en deuxième année informatique au CESI, seule femme de sa promotion. “Il peut y avoir un écart de maturité assez important mais je n’ai jamais ressenti d’exclusion”, complète-t-elle.

Les établissements cherchent à vous mettre davantage à l’aise. “Il faut que les jeunes femmes se sentent bien chez nous. À Télécom ParisTech, elles représentent 23 % des effectifs. Elles risquent de se sentir marginalisées. Nous avons donc mis en place une cellule d’écoute pour déceler les situations qui pourraient se révéler inconfortables“, développe Yves Poilane.

L’ambiance a changé. Les petites blagues machistes ne sont plus les bienvenues dans les écoles. “On sent désormais que le moindre propos misogyne sera condamné”, pointe Clervie, 20 ans, étudiante en première année de l’ESTP.

À Centrale Marseille, la parité est même un enjeu extra-scolaire. “Nous avons observé une sous-représentation des femmes parmi les responsables associatifs élus. Nous avons alors signalé aux associations de l’école qu’il était une absolue nécessité de veiller à ce que les listes soient mixtes ou, qu’a minima, elles respectent les ratios hommes/femmes de l’établissement, soit environ 30 % de femmes. Il est aussi impératif d’être attentif à ce que les femmes occupent des postes à responsabilité”, appuie Frédéric Fotiadu.

4. Vous pouvez le faire !

Il est connu que les femmes ont souvent moins confiance en elles que les hommes. Elles peuvent redouter de s’engager dans des cursus jugés difficiles. Cependant elles y réussissent mieux.

“Je pense qu’il y a aujourd’hui une question d’appréhension. Les filles ont davantage tendance à se poser des questions et à douter de leurs capacités à réussir dans de tels cursus”, confirme Solène, 22 ans, élève de troisième année des Mines Nancy et membre d’Elles bougent, association promouvant les femmes dans les métiers de l’ingénierie.

“Mais nous avons toutes les épaules assez solides pour y arriver !”, conclut-elle.